Le soliloque du grincheux

En Italie, un débat s’est installé dans la presse au sujet d’un procès fait à un jeune homme suspecté
d’avoir volé un œuf en chocolat. Jugée absurde, cette procédure est sensée dépenser inutilement de
l’argent et de l’énergie.

C’est vrai qu’à première vue, la mise en route d’une procédure judiciaire pour un larcin de si peu
d’importance peut paraître disproportionnée. Mais à y regarder de plus près, il faut se demander quelles sont les alternatives.

Si le vol d’un œuf n’est pas sanctionné, à partir de combien d’œufs la justice doit-elle intervenir ? Deux œufs, trois œufs, une douzaine d’œufs ? Un franc, dix, francs, cent francs, mille francs ?

Dès l’instant où l’on se pose ce genre de questions, c’est le système complet de la justice qui est remis en question. Un tag de cinq centimètres sur un mur devrait-il être toléré alors qu’un tag d’un mètre de haut devrait être puni ? Où commence et où s’arrête l’intervention de la justice ?

Ce n’est pas la proportion qui doit être jugée, mais bien l’acte. Un vol est un vol. Un point c’est tout. On peut discuter de la peine, mais pas du principe du délit. En cherchant à minimiser les actes on ne fait que renforcer le sentiment d’impunité des malfrats. Mais il faut aussi donner à la justice les moyens de travailler plus rapidement et d’être ainsi plus efficace. Il existe en France la comparution immédiate, je ne crois pas savoir qu’elle existe en Suisse. Alors quel est le parti qui osera proposer une adaptation de la loi en cette période d’élections ?

Le grincheux : C.L.